Le 24/02/2013

Brassage et diversités culturelles à l’honneur à Aubervilliers

Sous l’impulsion du maire socialiste de la commune d’Aubervilliers, M. Jacques Salvator, la journée internationale des langues maternelle qui coïncide, chaque année, avec le 21 février, a été célébrée, dernièrement, sous le chapiteau de l’espace fraternité d’Aubervilliers.

 

 

Cet événement qui s’est déroulé sous le haut patronage de la commission nationale française de l’Unesco, a été organisée par l’association culturelle bangladaise « Udichi » et la Ville d’Aubervilliers avec la participation de plusieurs associations des communautés résidant dans cette banlieue de Seine St-Denis en l’occurrence l’association Bouzeguène Europe, l’association Bémadi France, l’association Franco Chinoise de Commerce, et d’autres associations africaines, antillaises et asiatiques comme « Tim Tim », « Auberbabel », Auber-Kin-Solidarité, Capafrikasia, Hogar Extremeno, Name Diffusion (Tapis Volant), UGDO France, Les Souffleurs - Commandos Poétiques, Utit, Tirumarai Kalamanran-France et les Médiathèques de Plaine Commune.

 

Des personnalités officielles ont pris part à cette journée internationale comme le maire d’Aubervilliers, M. Jacques Salvator, l’ambassadeur du Bengladesh à Paris, M. Shahidul Islam, le maire d’Iéna en Allemagne, M. Albrecht Schroter, le maire de Beit Jala près de Beit Lahm en Palestine, M. Nael Salma, tous réunis sur la question du multilinguisme.

Cette journée internationale des langues maternelles a constitué une opportunité pour exprimer les convictions culturelles. Cette journée, animée par M. Carlos Semedo, Directeur de la vie associative et des relations internationales, est célébrée en mémoire du jour où, en 1952 à Dhaka, au Pakistan oriental (actuel Bangladesh), la police ouvrait le feu sur des étudiants manifestant pour leurs droits linguistiques et pour la reconnaissance du bengali comme langue officielle. 
Lors de cette manifestation de nombreuses langues ont été mises à l’honneur comme le Bété, le Fon, le Bambara, le Kabyle, le Bengali, le créole, le Mandarin, le Tamoul, l’Arabe, l’Espagnol, le Basque, et des langues de la République Démocratique du Congo.

De nombreuses associations travaillent sans relâche à Aubervilliers, une commune qui renferme plus de 150 nationalités du monde. Ces populations déracinées de leurs pays d’origine depuis des décennies, tentent d’inculquer à leurs enfants, dès leur jeune âge, les rudiments de la langue maternelle. Parler cette langue en famille est la première et meilleure école de la vie en attendant sa prise en charge, dans le pays d’origine, dans une institution scolaire officielle avec des moyens pour la développer. Les langues constituent les instruments les plus puissants pour préserver et développer le patrimoine matériel et immatériel.

 

Tout ce qui est fait pour promouvoir la diffusion des langues maternelles sert non seulement à encourager la diversité linguistique et l'éducation multilingue mais aussi à sensibiliser d’avantage aux traditions linguistiques et culturelles du monde entier et à inspirer une solidarité fondée sur la compréhension, la tolérance et le dialogue. Les membres des associations accueillent les visiteurs et leur expliquent les règles et les mécanismes des langues. Des exercices de langues sont proposés aux visiteurs avec des documents à l’appui. On a pu assister à des groupes de chants locaux, hymnes nationaux, sketchs, poésie, magie, monologues, contes anciens et apprécier la caravane des souffleurs avec les paroles poétiques dormantes.

La langue kabyle est présente en bonne place grâce à l’association Bouzeguène Europe qui a mis en place un atelier de langue, de calligraphie, de poésie et de lecture. L’artiste Malek Amiar a présenté, en compagnie de Nadir Hamoudi, une chanson ayant pour titre « Idheflawene » (les neiges) qui a emballé toute la salle avec des scènes de danses de toutes parts. Le multilinguisme est une force et une chance pour l'humanité. Il incarne la diversité culturelle, encourage le brassage des points de vue, le renouvellement des idées, l'élargissement de nos imaginaires. Le dialogue authentique passe par le respect des langues, et c'est pourquoi l'UNESCO travaille à promouvoir l'usage des langues comme moteur de compréhension mutuelle. 

Kamel Kaci